Le ‘Système Matriciel Agrégé’

Le 'Système Matriciel Agrégé'

De la Proto-Contingence à la potentialité

Pendant longtemps (et de nouveau aujourd’hui sous une forme toute différente), nous avons donné foi au mythe de l’autodétermination, supervisé par des dieux en attente de nos repentirs, offrandes et prières. Nous avons cru que la conscience était cet alpha, cet oméga de l’humanité, nous distinguant de la bête que pourtant nous ne manquions pas d’être. Puis, nous commençâmes à nous demander de quoi la conscience était faite, et la nature des matériaux sur lesquels cette dernière reposait. Les religions nous dispensèrent leurs vérités, la science les contesta, clarifia leurs obscures métaphores et, il y a maintenant près d’un siècle, nous mîmes au jour l’inconscient. Un inconscient presque immédiatement subdivisé en couches : archaïque, collectif, personnel… nous avons empilé les strates comme elles se présentaient, déconnectées les unes des autres, sans échelles, sans ponts pour les relier entre elles, et avons cru suffisant d’expliquer l’occurrence d’une singularité sur un plan donné par l’activité tectonique se manifestant en dessous. Mais était-ce suffisant ? Était-ce suffisant de seulement nous considérer comme résultat de matrices perméables, se contentant de faire remonter à la surface toutes nécessités rôdant dans leurs profondeurs ?

Fonctionnement

Le système matriciel agrégé propose une autre lecture de notre construction intime. Une lecture ne mettant en rien de côté les découvertes de ces dernières décennies, mais visant à gommer ces obscures « charnières » arbitrairement arrêtées entre les différents pans de notre inconscient. Grâce à une approche dite ascendante, ce système esquisse les contours d’une matrice souterraine et inaccessible, grossièrement représentable comme le serait un échiquier en trois dimensions. Un échiquier où chaque nouveau « coup » est fait de façon contingente, aux dépens d’un autre, façonnant ainsi l’étendue de nos potentialités actuelles et éventuelles à un instant donné ; sa nature coalescente en faisant un système d’un bloc et sans zones d’ombre.

Visant un assemblage toujours plus complexe, car unifié, nos soi embryonnaires croissent sans relâche, laissant leurs pics les plus proéminents, telles de nouvelles îles, émerger de l’océan abyssal vers la lumière de la conscience… prêts à être définis, prêts à devenir ces entités autoréférencées capables de concevoir la folie qu’est le « je ».

Ce qui se trouve au delà

Dès lors, le soi sera – et se laissera activement être – soumis, contraint, « teinté » par les superstructures (groupes d’appartenance, famille, civilisation…) auxquelles il devra prendre part. Les épousant presque systématiquement, il tentera pourtant toute sa vie de préserver une étincelle de singularité. « Préserver », car les superstructures en question, quoiqu’organiques, possèdent leurs propres systèmes matriciels agrégés, dans lesquels les singularités ne s’agrègent jamais de façon optimale, rendant impossible l’expression de leur entière potentialité. C’est ce que le processus de réindéfinition se propose de tempérer.